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Les nouveaux anciens de Kate Tempest

J’ai eu l’idée d’ouvrir mon blog à des notes de lectures. Etant habitué à l’écriture d’articles concernant des livres sur le webzine addict-culture, je me lance alors en écrivant ici une note sur Les nouveaux anciens de Kate Tempest paru le 18 Octobre aux éditions de l’Arche. J’avoue que je ne prends pas trop de risque car il ne s’agit pas tout à fait d’une pièce de théâtre mais d’un « poème écrit pour être lu à haute voix », genre que je fréquente beaucoup.

Ce poème de Kate Tempest que l’on connait aussi en musicienne et rappeuse peut se situer autant dans l’imaginaire d’un lecteur que dans celui d’un spectateur. La rythmique du texte pourra aisément déployer le récit, l’inscrire ainsi un peu plus dans une mythologie. L’auteure cite William Blake en ouverture du livre « Toutes les divinités résident dans le cœur de l’homme ». Dans ce poème, des êtres communs sont élevés au rang de dieux.

Kate Tempest fait de ces héros du poème un exemple de notre vulnérabilité, de nos pulsions de violence et d’amour. Ces nouveaux anciens s’inscrivent dans une humanité sacrée et inaltérable. Venant d’une tradition originelle du théâtre, elle y place le commun de l’être contemporain confronté à la société. Porté par une langue ayant conscience de son esthétique musicale, j’aimerais maintenant le voir interprété par un ou une comédienne et en entendre l’écho sur scène.

Les nouveaux anciens de Kate Tempest paru aux éditions de l’Arche.

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échos et réflexions: l’art vivant de la lecture

L’été fut une longue période de pause théâtrale mais aussi de préparation à la nouvelle saison et donc deuxième pour l’activité de ce blog. Je le disais, j’ai souhaité élargir mes expériences théâtrales. J’ai pris des abonnements au Lieu unique, au Grand T, à Onyx et vais prendre avec plaisir un abonnement au TUNantes,  à la vue de leur alléchante programmation. Dans le choix des spectacles, je constate un changement dans ma condition de spectateur. Elle n’est plus dans un élan spontané comme il y a trois ans où je redécouvrais l’art vivant. Je suis maintenant quelqu’un qui suit des artistes, des évolutions et mon choix n’est plus celui de la curiosité d’un néophyte. J’ai voulu cette condition de manière consciente mais je souhaite garder l’ouverture d’esprit que m’offrait cette curiosité naissante et la partager ici.

Donc la pause de l’été fut une période de transition où je n’ai vu quasiment aucune proposition de spectacles vivants. A part une retrouvaille avec la qualité des travaux de Marilyn Leray le vendredi 11 août au jardin des plantes, dans une lecture intitulé Regards d’enfants. Proposée dans le cadre du festival Aux heures d’été qui, comme chaque année, en plus des projections en plein air et des concerts, programme au jardin des plantes des lectures le vendredi à 13h. Un temps où de nombreux comédiens et écrivains s’appliquent à une pratique qui me tient à cœur : la lecture à voix haute. Ici Marilyn Leray nous a lu avec une grande limpidité et accessibilité  d’écoute des extraits de La bible de Néon de John Kennedy Toole.

Marilyn Leray

La lecture fut très agréable sans cet aspect incantatoire que l’on entend parfois. Notamment, et c’est un avis personnel,  chez Guillaume Gallienne sur France Inter qui au lieu de rendre accessible la littérature semble la placer sur un autel sacré tel un objet fragile et prétentieux. La qualité d’un lecteur est de rendre accessible une langue et ce qu’elle raconte,  sans les effets du théâtre : mise en scène ou élément de décor. Marilyn Leray possède cette qualité que j’avais pu voir dans le spectacle Zone.

Pourtant cette pratique n’est pas considérée comme un spectacle vivant à part entière. Très souvent assimilée au théâtre, la lecture à voix haute s’applique à un travail distinct, portant sur la mise en voix. Elle ne ressemble ni à l’interprétation d’un rôle  ni à une récitation plate. L’effort du lecteur se situe dans sa capacité  à rythmer sa lecture et à placer son souffle pour faire transparaitre la phrase de l’écrivain.  La lecture est une activité physique : respiratoire et rythmique. Comme le corps du comédien sur la scène, la voix guide le spectateur dans son imaginaire.