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Après la foudre, comment montrer la violence sur scène (suivi de création)

Quand Méli m’a proposé de suivre son projet Après la foudre, c’était une opportunité de découvrir comment une jeune artiste s’empare pour la première fois de la scène. J’ai trouvé intéressant que le projet traite des violences conjugales car au-delà d’être un sujet de société,  c’est un sujet intime, toujours trop partagé par de nombreuses victimes. Placer cette intimité dans un espace commun tel un plateau de théâtre crée le lien entre spectateurs et comédiens.

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De gauche à droite: Maxime Devige (paul), Marion Parpirolles (Léa) et Yannick Hachet (L’ex)

Quand j’arrive au 38, rue du Breil, je retrouve des personnes que je connais  mais ne les ai jamais vues évoluer dans une création. Durant ce mardi après-midi, j’aperçois plusieurs choses. Mélissa Leray  parait mettre en scène en apprenant à le faire. Pourtant, c’est avec assurance qu’elle le fait, appuyant sur la nuance des sentiments développés par les personnages. C’est l’enjeu des comédiens : Maxime Devige, Marion Parpirolles  et Yannick Hachet doivent interpréter les personnages tout en les comprenant. En dépassant la prudence que les premiers pas incitent à avoir, ils vont avec justesse vers une assimilation de leur personnage. Ce n’est pas une incarnation, plus un élan de compréhension.

Je percevrais plus tard la difficulté de ce travail, liée au thème abordé. C’est justement la mise en scène de l’intimité qui apporte le recul sur cette violence. Dès l’écriture d’Après la foudre, on saisit avec le regard de Paul, ce qu’a subi Léa par l’utilisation de flashback. Ainsi, il n’est pas question de montrer brutalement cette violence même si elle reste présente sur scène.

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Yannick Hachet (L’ex) et Marion Parpirolles (Léa)

Je vais comprendre et être surpris par la qualité du travail effectué le vendredi soir lors d’un filage. Après la foudre est déjà un vrai spectacle incorporant de la vidéo et du son, notamment une interview.  Déjà l’écriture de la pièce permettait une avancée mais la mise en scène et les efforts des comédiens offrent au projet l’étoffe d’un spectacle populaire. J’utilise ce terme puisque la créatrice du projet est attachée à cela. Tout est mis en place pour que l’on considère ce thème avec intelligence. Méli m’a dit qu’elle n’envisageait pas autrement le traitement de cette histoire.

Ces moments passés avec l’équipe d’Après la foudre me font à nouveau réaliser que Le théâtre est le lieu politique où autant le spectateur que l’artiste de théâtre considèrent la société. Même s’il s’agit d’un problème masqué par les murs d’un foyer, la scène le dévoile pour y être sensibilisé et pour le comprendre.

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Yannick Hachet (L’ex) et Marion Parpirolles (Léa)
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