Archives pour la catégorie Notes personnelles

le besoin de recul pour éviter l’essoufflement

La fin de la saison approche et je ne peux que constater n’avoir pas totalement tenu ce que je m’étais fixé. Plus encore, une certaine lassitude, un étouffement dirais-je est apparu face à la multiplication du nombre de pièces que je m’ordonnais d’aller voir. Je disais auparavant que j’avais dépassé le stade de spectateur naïf. Pour autant je ne veux pas avoir un rôle de spectateur blasé.

Les lettres de non motivation ©Patrick Berger

Si j’écris sur le spectacle vivant, c’est dans un cadre non professionnel et je n’aurais jamais la même position que le journaliste Jean-Pierre Léonardini qui dans un ouvrage récent posait la question de la posture du critique sans pour autant la remettre en question. Bien sûr, la critique est aussi une création mais avoir une position paternaliste par rapport à la scène ne me paraît pas justifiable. Je n’ai pas plus de légitimité que n’importe qui pour juger si une pièce est mauvaise. Lorsque j’exprime mon désaccord avec une création théâtrale, c’est avec le recul de la subjectivité, chose que l’on ne peut contrôler, ni brandir en étendard. La subjectivité est un facteur qu’aucun spectateur ne peut maîtriser. Ni le novice ni l’aguerri ne peuvent y échapper. Pour moi, on doit toujours remettre en jeu notre avis sur le point de vue subjectif.

Cette saison, une lassitude ou plutôt une frayeur s’est installée en moi. Je ne peux concevoir ma position de spectateur que quand elle se trouve dans une temporalité sereine. Avaler du spectacle en quantité importante n’est pas sain pour pouvoir s’exprimer avec un minimum de justesse. Ce n’est pas agiter la naïveté comme idéal absolu. Il est plus juste de mettre l’envie en moteur principal de ma curiosité. Je voudrais toujours avoir devant moi une étendue libre pour y placer mon désir de découverte et de suivi.

Hybris © Bastien Capela

Donc je continuerai le travail sur ce blog sans m’emprisonner dans une posture quelconque. Créer de l’écrit sur les mouvements éphémères nécessite du recul et non un acharnement qui épuise. Gardons la durée pour construire et l’éphémère pour bousculer ce qui l’est.

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Puis, j’eus envie de poursuivre, excessivement.

Voilà bientôt une année que j’écris sur ce blog. L’écriture sur l’art vivant m’anime et continuera à le faire. J’ai pu être témoin de la création de Projet Loup des steppes de Tanguy Malik Bordage et de bien d’autres créations puis vivre ma propre expérience scénique au festival Bruits. Et entre cela, il y eut bien des événements, des spectacles et des rencontres qui furent le moteur pour écrire et réfléchir. Mon souhait est de continuer d’explorer ce que produit la scène, de mêler mon imaginaire à ce que nous propose les artistes. Ce blog m’a permis aussi d’assumer mon regard critique, pas seulement d’aimer ou pas un spectacle, mais d’aller plus loin, comprendre l’enjeu et y développer un regard personnel.

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Kevin Laplaige et Tanguy Malik Bordage

J’ai maintenant envie de diversifier ma curiosité de la scène. Ne pas me cantonner qu’au TU Nantes, qui est à l’origine de mon envie. Je remercie d’ailleurs l’équipe de ce théâtre de m’avoir offert cette opportunité à travers le dispositif des Amplificateurs. La saison prochaine, je continuerai de suivre l’actualité de cette scène qui promeut les jeunes générations avec beaucoup d’audace et de perspicacité. Mais j’ai aussi envie d’aller voir du côté du Lieu unique, du Grand T, du théâtre Onyx voire d’autres scènes en dehors de Nantes, pour élargir mes connaissances et ma sensibilité théâtrale. Je ne me contenterai pas d’un seul milieu.  La soif de « ce qui se joue » sera volontairement excessive et le blog en sera le reflet. C’est en diversifiant ma curiosité que je pourrai trouver encore plus de plaisir à écrire sur les mouvements éphémères de la scène.

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Yves Arcaix et l’équipe d’Hamlet le vrai