Perdre son sac (suivi de) Christine (et de) Nos parents de Pascal Rambert

Depuis la parution en mars 2018 de Reconstitution, je lis et m’interroge sur l’écriture de Pascal Rambert. Cet auteur dramatique est l’un des plus prolifiques que je connaisse.  Avec sa précédente pièce Architecture, j’avais été impressionné par une écriture plus dense qu’à l’accoutumée, quelque chose qui creusait l’épuisement du langage.  Cette fois-ci, avec Perdre son sac suivi de Christine et Nos parents, je retrouve Pascal Rambert dans une dynamique différente mais avec le même enivrement de langues.

Ces trois pièces ont été écrites en collaboration avec La Comédie de Genève. Ce sont trois travaux abordant la thématique des relations humaines, le rejet ou l’affection qu’on y trouve. Je commence à comprendre que cette thématique est très chère à Pascal Rambert. Il semble l’explorer sans cesse. Les deux monologues que sont Perdre son sac et Christine sont riches d’une complexité propre aux sentiments humains confrontés aux rejets. Les inégalités exposées sont autant de déclenchements de paroles où se créent de multiples histoires. Tandis que dans Perdre son sac, on approche clairement l’abandon de la part d’une société entière, Christine s’intéresse plus frontalement au milieu théâtral et à son imaginaire.

On retrouve dans ces trois textes un dédoublement de la parole. Elle est soit directe, celle du personnage, soit indirecte, le personnage parlant à la place de quelqu’un-e ou s’imaginant une réponse. Cette mécanique produit  une profondeur dans les dialogues. Particulièrement visible dans Nos parents, elle dessine un relief dans les paroles des personnages et dans leurs personnalités,

Perdre son sac et Christine placent sur scène des singularités exclues, Nos parents y met des pluralités exprimant des liens familiaux. Pascal Rambert y démultiplie les présences, rendant plus complexe une écriture dramaturgique pourtant visuellement simplifiée.

Dans tous les textes du dramaturge que j’ai pu lire, il y a très peu voire aucune indication scénique et intention de jeu. Le lecteur de Pascal Rambert possède toutes les libertés pour imaginer une adaptation sur scène. Ce plaisir s’ajoute à la densité de l’écriture et toutes les histoires qu’elle produit.

Perdre son sac (suivi de) Christine (et) Nos parents de Pascal Rambert

Paru aux Solitaires intempestifs le 21 aout 2019

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