Suivi de création : Hybris, variation nouvelles sur l’amour.

En cette rentrée 2018, je vais suivre la création du spectacle Hybris écrit, mis en scène et interprété par Vanille Fiaux et Manuel Garcie-Kilian avec la collaboration de Jonathan Seilman en tant que créateur son/lumière et compositeur musical, petite équipe de trois personnes que j’ai déjà rencontrée lors de la conception de Juste la fin du monde de Clément Pascaud (Manuel en tant qu’interprète, Vanille en tant qu’assistante à la mise en scène et Jonathan en créateur son).Au cours des répétitions, je me suis rendu compte de plusieurs points communs avec le premier spectacle de Clément Pascaud.

© Mélissa Huart

Ce dont je m’aperçois le mardi 9 Janvier, c’est cette envie de précision dans le travail mené. Vanille et Manuel s’attaquent le plus souvent à des détails qui pour un spectateur lambda pourraient paraître dérisoire, mais qui pour ces artistes revêtent une importance particulière. Par exemple cette après-midi, ils réfléchissent à l’entrée du public dans la salle et ainsi dans leur univers. « Il ne faut pas que quand le spectateur rentre, il se sente coupable de faire du bruit » dit-on lors des discussions. Il y a une envie de prendre en considération les spectateurs dans la mise en scène, pour ne pas leur mentir et ne pas consolider le fameux quatrième mur.

Le mercredi soir, j’assiste à la lecture de Vanille et de Manuel au café Les bien-aimés. Ce n’est pas Hybris qui y est lu mais un texte écrit uniquement par Manuel. Je retrouve beaucoup d’Hybris dans ce texte. Tous les deux sont des variations autour de l’amour. Il n’est pas question d’aborder cette thématique à la manière vieillissante du romantisme. Vanille et Manuel semblent réinventer une toute autre façon de traiter théâtralement les relations amoureuses en y gardant du lyrisme. Il n’y a pas d’apitoiements ni de pleurs évidents, plutôt un recul nécessaire pour aborder un sujet commun à tous.

Vanille Fiaux et Manuel Garcie-Kilian, lors de la répétition du jeudi après midi.

Le jeudi après-midi la petite équipe de trois s’agrandit avec Vincent qui s’occupera de la régie lumière. Ce jour, ils effectuent un filage pour voir l’aspect global du travail. Comme à mon habitude, je me contrains à ne pas tout suivre pour garder la surprise lors de la première représentation publique. Il me reste de cette journée l’impression forte de radicalité esthétique. Les éléments scénographiques et la lumière tranchent encore une fois avec le lyrisme. La scénographie semble ôter toute forme de romantisme à cette variation sur le sentiment amoureux.

Les deux points communs avec le travail de Clément Pascaud sont donc le travail de précision dans la mise en scène mais aussi la radicalité esthétique. Elle n’est pas identique à celle de Clément Pascaud qui avait désarçonné certains spectateurs. Elle est le résultat de l’aspect nouveau d’une création menée de bout en bout par Vanille et Manuel assistés de Jonathan. Il y a une démarche d’auteur dans cette création et cela me rappelle le cinéma, notamment celui de la nouvelle vague où la place de l’auteur était quasiment sacrée. D’autres éléments d’Hybris me rappellent la nouvelle vague mais j’aurais l’occasion de préciser mon impression lors d’autres répétitions.

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